đŸ”” Pourquoi nos personnalitĂ©s publiques sont (souvent) pathĂ©tiques

Lu en 2018 dans la presse française : Jean-Luc MĂ©lenchon dĂ©clare que « sa personne est sacrĂ©e » lors d’une perquisition, Emmanuel Macron insulte les mĂšres de familles nombreuses, une dĂ©putĂ©e dĂ©nonce la « glottophobie« … Des histoires Ă  dormir debout qui rejoignent la liste dĂ©jĂ  longue des comportements immatures des personnalitĂ©s publiques : « casse toi pauvre con« , « le bruit et l’odeur« , « du boulot, je traverse la rue et je vous en trouve« , les exemples se comptent sur les doigts de toute l’Île-de-France.

Mais pourquoi ? Pourquoi ces individus, censés nous représenter et nous gouverner, se comportent souvent de maniÚre aussi décevante ?

Sommaire :
I – Un faible dĂ©veloppement psychologique et personnel
II – L’ego
III – La quĂȘte personnel du bonheur

Un faible développement psychologique

Ou une pratique du dĂ©veloppement personnel inaboutie. Peu de gens se lancent dans le dĂ©veloppement personnel, ou alors par bribes et en ciblant des Ă©lĂ©ments prĂ©cis de leur personne (le sport et l’alimentation, bien souvent, la sĂ©duction pour d’autres). Le dĂ©veloppement personnel est une pratique jeune et encore peu populaire du fait qu’elle se base sur le postulat que l’individu reconnaisse avoir Ă  apprendre et s’amĂ©liorer dans des domaines oĂč il est gĂ©nĂ©ralement acceptĂ© qu’une personne normale n’ait aucun effort spĂ©cifique Ă  faire (le sexe et la conduite automobile en sont les meilleurs exemples). Mais beaucoup de choses de la vie ne sont pas innĂ©es : le bonheur, la vie en sociĂ©tĂ©, la santĂ© physique et mentale ; toutes ces choses peuvent ĂȘtre sujettes Ă  apprentissage, Ă  amĂ©lioration.

« Il y a deux choses qu’un homme n’avouera jamais faire mal : conduire et faire l’amour. » – Sir Stirling Moss

Le dĂ©veloppement personnel, pas encore une science malgrĂ© les avancĂ©es rĂ©centes en psychologie et en neurosciences qui commencent Ă  dĂ©border sur la sociologie et les pratiques managĂ©riales, intĂšgre donc tout ce qui touche Ă  la vie quotidienne de l’individu au sein de la sociĂ©tĂ©. À son extremum, le dĂ©veloppement personnel conduit un individu a ĂȘtre heureux et serein en toutes situations, en parfaite santĂ©, capable d’aider autrui, et de s’adapter et s’intĂ©grer Ă  toute situation. C’est la dĂ©finition originale de l’individu alpha, leader par l’exemple. Ces individus sont trĂšs rares, et surtout, la personnalitĂ© et le comportement ne sont pas des constantes, ainsi mĂȘme les individus alphas ont leurs faiblesses et des moments de relĂąchement, ce qui fait donc du dĂ©veloppement personnel une quĂȘte sans fin, mais avec de nombreux buts.

La politique et le milieu du divertissement actuel ne prĂ©sentent aucun individu alpha Ă  ma connaissance*, et cela s’explique pour plusieurs raisons : l’individu dĂ©veloppĂ© ne recherche pas l’exposition mĂ©diatique. Conscient des limites inhĂ©rentes Ă  un individu, il sait que son niveau d’influence est contraint : passĂ© un seuil d’exposition, le message ne passe plus. Un dialogue se crĂ©Ă© quand les deux parties se comprennent. Or, quand une personnalitĂ© parisienne dicte aux campagnards basques comment vivre, la dĂ©connexion est totale.
* j’en ai trouvĂ© une malgrĂ© tout : Nelson Mandela. Ce dernier a connu la cĂ©lĂ©britĂ© par la force des choses et pas par vocation. Mandela est un exemple du cas oĂč les personnalitĂ©s « hĂ©roĂŻques » apparaissent dans des situations extrĂȘmes. Ainsi, nous ne voyons Ă©merger aucune personnalitĂ© « hĂ©roĂŻque » depuis des dĂ©cennies car la situation est relativement bonne. Les hĂ©ros d’aujourd’hui n’ont rien Ă  sauver, alors ils demeurent anonymes.

Mais ce n’est pas tout : l’individu dĂ©veloppĂ©, mĂȘme s’il peut prendre parti, ne va pas se montrer hostile au parti adverse. L’individu moyen, peu dĂ©veloppĂ© donc, possĂšde de nombreux complexes et luttes, ce qui le conduit Ă  Ă©prouver des Ă©motions nĂ©gatives envers quelque chose ou quelqu’un. Les exemples sont omniprĂ©sents : le prĂ©sentateur Cyril Hanouna qui aime l’insulte et la confrontation (et son public aussi) ou les politiciens comme Jean-Marie Le Pen qui se plaisent Ă  crĂ©er la polĂ©mique et diviser l’opinion Ă  partir de dĂ©clarations polĂ©miques. Les pires exemples sont ceux qui ciblent carrĂ©ment une ou plusieurs personnes pour leurs Ă©checs personnels : Alain Soral et son fantasme de lobby juif, Jean-Luc MĂ©lenchon et ses oligarques du CAC40, etc.

Il y a donc une demande pour des personnalitĂ©s peu dĂ©veloppĂ©es et une pudeur de la part des personnalitĂ©s dĂ©veloppĂ©es. Pourquoi ? Car ces gens sont (en termes de dĂ©veloppement personnel) mĂ©diocres, moyens. Et par moyen on entend « dans la moyenne », qui ressemble donc Ă  une majoritĂ©. Et les gens sont naturellement attirĂ©s par les gens qui leurs ressemblent.

Cela est cohĂ©rent si l’on Ă©tend le dĂ©veloppement personnel au dĂ©veloppement spirituel. Les religions abrahamiques, tout comme le bouddhisme, le taoĂŻsme ou l’hindouisme prĂŽnent une vie de mesure et de respect, bien loin des tumultes de la vie publique.

Ainsi l’individu dĂ©veloppĂ© psychologiquement se tient naturellement Ă©loignĂ© de la vie publique alors qu’il serait le plus Ă  mĂȘme de la rĂ©gir, mais il est bien conscient qu’il ne peut satisfaire tout le monde et prĂ©fĂšre faire de son mieux Ă  son Ă©chelle. L’individu peu dĂ©veloppĂ© psychologiquement peut poursuivre une quĂȘte Ă©goĂŻste de gloire, de richesse, de reconnaissance et d’autres satisfactions jugĂ©es illusoires par toutes les pratiques spirituelles et la plupart des penseurs du dĂ©veloppement personnel (certains estimant que la richesse est un affluent de la valeur crĂ©Ă©e dans la sociĂ©tĂ© par l’individu, point de vue qui se dĂ©fend).

L’ego & la pression sociale de la sociĂ©tĂ© de compĂ©tition

Être persuadĂ© d’ĂȘtre important, d’avoir raison, d’ĂȘtre au dessus de la masse et donc de pouvoir les aider mieux que les autres. Tous les prĂ©sidents de la rĂ©publique française depuis ma naissance correspondent Ă  cette description. Tous fruits d’Ă©coles parisiennes et de microcosmes aisĂ©s, ils sont tous le produit d’une sociĂ©tĂ© de compĂ©tition oĂč l’on cultive l’ego.

Quel est le problĂšme avec l’ego ? Cela est difficile Ă  rĂ©sumer rapidement, Eckhart Tolle le fait dĂ©jĂ  difficilement dans une sĂ©rie d’ouvrages pourtant excellents. L’ego est le sentiment d’identification Ă  soi si fort qu’il nous Ă©loigne d’autrui et nous concentre sur nos intĂ©rĂȘts personnels. Or la biologie et l’histoire montrent que nos intĂ©rĂȘts personnels sont mieux servis lorsque l’on sert l’intĂ©rĂȘt collectif. C’est la base de l’idĂ©ologie capitaliste oĂč l’individu s’enrichit en crĂ©ant de la valeur chez autrui : vous avez aimĂ© votre repas, vous reviendrez Ă  ce restaurant ; votre argent va donc dans la poche du restaurateur en remerciement de la valeur qu’il ajoute Ă  votre vie.

L’Ă©ducation supĂ©rieure française et le monde politique français sont des milieux ultra compĂ©titifs. Il faut passer avant les autres, devant les autres. Ce n’est pas forcĂ©ment le mĂ©rite qui paie le mieux.

Notre caste politique est donc Ă©duquĂ©e Ă  cultiver son ego et Ă  se faire passer avant autrui. Cela n’est pas un problĂšme en soi, de nombreux grands dirigeants politiques ou Ă©conomiques prĂ©sentaient ce profil sans pour autant ĂȘtre trĂšs dĂ©veloppĂ© psychologiquement. Le problĂšme, c’est lorsque que l’entitĂ© Ă©conomique et/ou politique atteint une taille et une diversitĂ© telle que la France depuis plusieurs siĂšcles. Aujourd’hui, le XVIĂšme arrondissement de Paris, le fin fond des forĂȘts guyanaises et les villages mosellans sont gouvernĂ©s de maniĂšre identique, possĂšdent les mĂȘmes lois et rĂšglements indĂ©pendamment des particularitĂ©s de chacun. Et ce sans parler de la complexitĂ© du monde moderne, et les nombreux facteurs auxquels touchent les gouvernements.

Nos dirigeants sont formĂ©s pour ne penser qu’Ă  eux en gĂ©rant un pays dont seul une petite partie leur ressemble. Nette cassure.

(Note : cet article a Ă©tĂ© Ă©crit avant la crise des gilets jaunes. Comme quoi…)

Et c’est lĂ  que l’ego devient un problĂšme, car il est cause et consĂ©quence d’une pression sociale dans ce milieu politique qui empĂȘche de retirer les ƓillĂšres et de penser Ă  la fois de maniĂšre plus originale et plus collective. C’est trĂšs facile de dire ça, j’en conviens. Et surtout je m’Ă©loigne du sujet.

Pourquoi l’ego et la pression sociale font que nos personnalitĂ©s publiques se comportent de façon immature ?

Une thĂ©orie solide nous vient d’un livre publiĂ© en 1995 par les chercheurs Mortimer Feinberg et John J. Tarrant, « Why Smart People Do Dumb Things« . Pourquoi les gens intelligents font ils des choses stupides.

Le livre dĂ©crit plusieurs phĂ©nomĂšnes interconnectĂ©s : l’hubris (l’ego surdimensionnĂ©), le dĂ©veloppement de troubles psychologiques narcissiques, l’impermĂ©abilitĂ© Ă  la critique, l’arrogance, le sentiment de dĂ» (« entitlement » en anglais), l’autosabotage inconscient et la bĂȘtise collective (sous entendu, la rationalitĂ© de l’ĂȘtre humain se dilue lorsque la taille d’un groupe augmente).

Les deux premiers Ă©lĂ©ments rejoignent l’idĂ©e d’un faible dĂ©veloppement psychologique : l’individu n’est pas en phase avec les autres de maniĂšre gĂ©nĂ©rale et dĂ©fend son intĂ©rĂȘt comme un animal en danger se dĂ©fendrait. Les instincts primaires priment sur l’intelligence et les comportements se font donc impulsifs, irrationnels.

L’impermĂ©abilitĂ© Ă  la critique est un revers de la pression sociale (et mĂ©diatique). Il est impossible de mettre tout le monde d’accord, il est d’ailleurs stupide d’essayer : il y aura toujours des intĂ©rĂȘts et avis divergents, cela est naturel. Pour tout individu exposĂ© mĂ©diatiquement, il y aura absolument toujours des critiques. Si la critique est constructive, elle vaut le coup d’ĂȘtre entendue. Mais quand la quantitĂ© dĂ©passe trĂšs largement la qualitĂ©, l’individu peut dĂ©velopper une impermĂ©abilitĂ© et refuser d’entendre la plupart des critiques constructives. Cela renforce au passage les effets d’un ego trop fort. S’en suit donc logiquement l’arrogance et le sentiment de dĂ», lorsque l’individu n’arrive mĂȘme plus Ă  penser qu’il pourrait avoir tort.

L’autosabotage relĂšve de la psychologie, de sujets que je maĂźtrise mal. Je le laisse Ă  MM. Feinberg et Tarrant. Reste la bĂȘtise collective, ou le fait qu’un effet de groupe puisse conduire Ă  des comportements irrationnels. Je ne sais pas s’il y a besoin de commenter cela, les exemples dĂ©vastateurs ne manquent pas : le nazisme, les bulles spĂ©culatives, le tabagisme, l’alcoolisme, etc.

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Paris (ici Denfert-Rochereau) concentre les personnalitĂ©s publiques françaises, qu’elles soient dirigeantes ou non. Ce sont des habitants de cette ville (et pĂ©riphĂ©rie) qui dĂ©cident et organisent la vie publique des villages de Guyane et des hameaux en Mayenne.

Sont-ils heureux ?

C’est la face cachĂ©e de la lune. Nos hommes politiques sont-ils heureux, Ă©panouis ? Leur travail quotidien dans les mĂ©dias et ailleurs peut nous laisser dubitatif. François Hollande en est un bon exemple : son mandat a Ă©tĂ© truffĂ© de complications conjugales et il a admis a posteriori que son quinquennat avait Ă©tĂ© trĂšs Ă©prouvant Ă  tous points de vue. Son retrait partiel de la vie politique, comme celui de Nicolas Sarkozy avant lui, laissent penser que finalement, la quĂȘte dans laquelle ils s’Ă©taient lancĂ©s Ă©tait peut-ĂȘtre celle qu’ils voulaient, mais pas celle dont ils avaient besoin. Cela ne signifie pas l’illumination : Nicolas Sarkozy est revenu en politique, Arnaud Montebourg a changĂ© de miroir aux alouettes en passant de la politique Ă  l’entrepreneuriat.

Un individu malheureux prĂ©sente rĂ©guliĂšrement des comportements hostiles, Ă©goĂŻstes. CouplĂ© Ă  un dĂ©veloppement psychologique faible, on se retrouve facilement avec un individu qui ressent le besoin d’ĂȘtre considĂ©rĂ© pour exister (soit, une immaturitĂ© Ă©motionnelle). L’exposition mĂ©diatique offre tout cela, et de nombreux artistes mĂ©diatiques français l’ont plus ou moins avouĂ© indirectement sur des plateaux tĂ©lĂ©visĂ©s : ils ne sont heureux que sur scĂšne, quand le public leur tĂ©moigne de l’amour. Ces mĂȘmes personnalitĂ©s mĂ©diatiques sont parfois dĂ©crites comme Ă©tant hautaines, imbus de leur personne, par des badauds les ayant rencontrĂ© par hasard. Des comportements bien typiques d’individus peu dĂ©veloppĂ©s psychologiquement, et surtout, d’individus malheureux. Jean-Marie Bigard n’a jamais cachĂ© sa dĂ©pression, et beaucoup d’humoristes ont dit d’une façon ou d’une autre qu’ils tiraient leur Ă©nergie de leurs malheurs. Leur besoin de monter sur scĂšne, aussi. Nous ne sombrerons pas dans la psychologie de comptoir car ces individus me sont inconnus Ă  titre personnel, mais il y a un son de cloche qui revient. Le premier spectacle de JĂ©rĂ©my Ferrari, en partie autobiographique, dĂ©crit sa solitude et sa tristesse passĂ©e, et comment ces derniers sont devenus un moteur Ă  sa carriĂšre.

Sur ce troisiĂšme point, je ne peux que spĂ©culer. Penser qu’un individu heureux et Ă©panoui ne se comporte pas comme un prĂ©sident de la rĂ©publique française qui lance une pique haineuse Ă  une frange de la population, par exemple (cas de tous les prĂ©sidents français depuis ma naissance).

Un individu heureux n’est-il pas un individu dĂ©veloppĂ© psychologiquement ? On sait que le bonheur est endogĂšne, qu’il relĂšve plus de la dĂ©cision que de la consĂ©quence, de l’Ă©tat d’esprit que de la situation. L’individu heureux ne poursuit pas le bonheur comme une quĂȘte, comme si le bonheur rĂ©sidant dans la gloire et la richesse. Qui poursuit la gloire et la richesse en cherchant, consciemment ou non, le bonheur, ne le trouvera pas ainsi. Peut-ĂȘtre est-ce la leçon qu’ont douloureusement reçus François Hollande et Nicolas Sarkozy.

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Lyon et sa pĂ©riphĂ©rie abritent 3% des Ăąmes du pays, mais pratiquement aucune n’a de poids dans la vie publique.

Conclusion

La situation est donc telle que des individus probablement malheureux, ostensiblement peu dĂ©veloppĂ©s psychologiquement, ayant de forts ego et une forte volontĂ© de poursuivre leurs intĂ©rĂȘts personnels, se retrouvent ĂȘtre ceux qui animent la vie publique.

Pourquoi ? Est-ce parce que, dans cette transition entre deux civilisations, que l’on appelle le capitalisme, la sociĂ©tĂ© favorise la compĂ©tition et l’Ă©goĂŻsme, en apparence ? Est-ce parce que ces gens sont, au fond, comme la majoritĂ© de la population : n’ayant pas entrepris de dĂ©veloppement personnel et estimant que le bonheur est exogĂšne ? ParaĂźt-il que l’on a les dirigeants que l’on mĂ©rite, qui nous ressemblent.

Au fond, tout cela ne fait que nous montrer la faiblesse de l’ĂȘtre humain, embarquĂ© dans une sociĂ©tĂ© qu’il a construit lui-mĂȘme Ă  la base de dĂ©cisions pas toujours rationnelles, mais qui lui ressemblent. Ainsi pouvons-nous penser que les choses telles qu’elles sont aujourd’hui dĂ©coulent d’un ordre naturel. La nature de l’homme est imparfaite, ainsi est sa sociĂ©tĂ©.

Nous ne vivrons pas assez vieux pour voir ce qu’elle deviendra, alors acceptons cet Ă©tat de fait.


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